Un exemple de rétroaction :
émission de méthane (et de Dioxyde de carbone )

 

Michel Allard, chercheur au centre d’études nordiques de l’Université Laval est un homme de terrain. Il étudie les impacts du dégel du permafrost sur les écosystèmes et les communautés arctiques depuis quelques dizaines d’années.

Le permafrost contient du carbone organique. Au niveau mondial, les deux premiers mètres du pergélisol contiendraient 1670 gigatonnes de carbone, alors que l’atmosphère n’en contiendrait que 730 gigatonnes. S’il était amené à fondre, d’immenses quantités de gaz à effet de serre seraient relâchées, menaçant la Terre d’un réchauffement accéléré.

Comment le permafrost fond-il ?

Pour qu’il y ait du pergélisol, il faut que la température moyenne annuelle de surface du sol soit inférieure ou égale à 0°C. Avec le réchauffement climatique en arctique, la température est plus souvent supérieure à 0°C, ce qui entraîne l’augmentation du dégel de la couche supérieure de pergélisol, dite « couche active ». Plus la température augmente, plus cette couche va dégeler (la couche active augmente), et plus le gradient géothermique va être bouleversé, ce qui va entraîner une fonte de plus en plus élevée de ce pergélisol. « Si ce réchauffement dure de nombreuses années, le profil va se tasser vers les valeurs les plus chaudes, la couche active va devenir très profonde au point que le regel annuel de surface ne se fera plus », alerte Michel Allard.

La plus grande épaisseur connue de pergélisol se situe au Nunavik au nord du Québec avec 632 m de profondeur. « Le réchauffement climatique a déjà commencé à infléchir le profil [du gradient géothermique] vers des valeurs un peu moins fortes », confie-t-il. Sur une station, « la couche active faisait environ 6 mètres lorsque les mesures ont commencé, à présent elle atteint quasiment 20 mètres », précise-t-il.

Selon le chercheur, le dégel du pergélisol entraîne des glissements de terrain, la formation de nouveaux lacs (lacs de thermokarst) et des affaissements de terrain. Au nord du Canada, les lacs de thermokarst formés par la fonte du pergélisol, deviennent des écosystèmes aquatiques émetteurs de méthane. « Dans ces lacs de thermokarst, les bactéries digèrent le carbone et deviennent des sources de méthane importantes », affirme Michel Allard. « C’est une transformation qui nous amène vers une production de gaz à effet de serre accrue », insiste-il. Entre 1957 et 2005, le suivi par image satellite y montre l’augmentation du nombre de lac, avec 51% de pergélisol en moins et 60 % d’expansion des lacs et arbustes. L’ensemble des écosystèmes y est bouleversé.

 

 

 

Un autre exemple de rétroaction :

L'effet de l'albédo

 

 

 

 

 

 

En résumé : plus la glace fond, plus l'énergie solaire est absorbée par l'eau. Plus l'eau chauffe, plus la glace fond  etc. etc...